En Ontario, les soins oculaires sont en péril.
Si nous n’y portons pas attention immédiatement, nous risquons de perdre ce service de santé essentiel.
Passez à l’action

Ouvrons nos yeux et ensemble, sauvons les soins oculaires

Les optométristes de l’Ontario sont fiers d’être des professionnels de la santé très accessibles, mais ils sont en difficulté.

La crise d’aujourd’hui est pire parce que les gouvernements successifs n’ont pas investi dans les soins oculaires depuis 30 ans. l’Assurance-santé de l’Ontario (OHIP) ne couvre même pas la moitié du coût d’un examen de la vue, et encore moins les tests qui aident les optométristes à diagnostiquer les patients en toute sécurité et avec précision. Il est juste de couvrir les coûts et d’améliorer les soins oculaires de première ligne.

Voici pourquoi nous défendons nos patients et nous luttons pour l’accès aux soins :

  1. Sans solution de financement, l’avenir des soins oculaires en Ontario est en péril, en particulier dans les petites communautés.
  2. 70% des patients sont assurés par OHIP, dont beaucoup ont de graves besoins en soins oculaires. Et la population vieillit. Si on ne peut pas s’occuper d’eux, qui le fera ?
  3. Les optométristes n’ont pas de processus à négocier avec le gouvernement – comme le font les autres professions de la santé. Sans cela, la première ligne de soins oculaires est à risque pour de nombreux Ontariens.

Le gouvernement de l’Ontario peut y remédier. Dites au premier ministre Ford que des patients comme vous méritent un accès continu aux soins oculaires de haute qualité fournis par les optométristes.

Passez à l’action.

Lettre ouverte au gouvernement de l’Ontario

Monsieur le Premier ministre, Madame la Vice-première ministre et Ministre de la Santé,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Je vous écris parce que l’accès aux soins oculaires est important pour moi, pour ma famille et pour ma communauté. Ce secteur vit actuellement une crise en Ontario et vous avez la possibilité d’éviter que cette crise s’aggrave.

Pendant 30 ans, les gouvernements précédents ont négligé d’investir au niveau des soins oculaires. Il est inacceptable que l’Assurance-santé de l’Ontario ne rembourse que la moitié du coût d’un examen de la vue et que les optométristes doivent subventionner le reste. En raison de la distanciation physique, mon optométriste pourra voir seulement la moitié des patients qu’il voyait auparavant. Ce sera difficile pour lui de rester en affaires.

Je suis inquiet des conséquences que celà pourrait entraîner sur la santé de mes yeux et de ceux de ma famille. Sans une attention immédiate de la part de votre gouvernement, nous risquons de perdre un service de santé de première ligne qui est essentiel aux communautés ontariennes.  Ceci entraînerait aussi la perte de milliers d’emplois à travers la province.

La dernière chose dont nous avons besoin, c’est qu’un plus grand nombre d’Ontariennes et d’Ontariens comme moi doivent se rendre à l’urgence pour obtenir des soins que nous pouvons et devrions recevoir dans notre communauté.

Je vous prie de reprendre les discussions avec les optométristes de l’Ontario. Vous pouvez réussir là où vos prédécesseurs ont échoué afin de sauver les soins oculaires en Ontario.

Aidez-nous à sauver les soins oculaires en Ontario

En envoyant une lettre au Premier ministre de l’Ontario, à la ministre de la Santé et à votre député provincial, vous contribuerez à ouvrir les yeux du gouvernement sur cette crise et vous aiderez à protéger les soins oculaires dans votre collectivité.

Vos questions, répondu

Les histoires de nos membres.

Les patients méritent de recevoir les meilleurs soins possibles.

En raison des restrictions dues à la COVID, les quarts de travail de notre personnel sont fractionnés.Lorsque je suis arrivée au travail un lundi après-midi, un membre du personnel m’a informée qu’un patient de longue durée m’avait appelée pour me demander de voir sa tante de 101 ans, qui est également une patiente.Elle voyait depuis quelques jours une grosse tache noire devant son œil gauche.   

Notre personnel lui a demandé de se rendre à l’hôpital le plus proche où il y avait un ophtalmologiste de garde.Nous sommes dans une zone rurale et nous n’avons pas de service d’ophtalmologie dans notre hôpital local.Il était bouleversé car sa tante vit dans une maison de retraite et ils ne voulaient pas qu’elle aille à l’hôpital. Lui aussi pensait que la patiente n’était pas en état de se rendre à cet hôpital et d’attendre pendant on ne sait combien de temps avant d’être examinée. Il a clairement dit qu’il ne la conduirait pas à l’hôpital.Son médecin était lui aussi absent pour les trois jours à venir. J’ai décidé de voir cette patiente parce que je savais que son médecin traitant ne serait pas en mesure d’examiner, de diagnostiquer et de traiter ce type de symptômes.   

Elle ne se sentait pas bien mardi, mais elle est quand même venue à son rendez-vous.Elle m’a dit que sa vision était très importante pour elle.« Je ne veux pas devenir aveugle ».Garder le masque tout au long de son examen a été difficile pour elle.Même marcher dans le couloir jusqu’à ma chaise d’examen était difficile pour elle.Je me demande comment elle a pu se débrouiller aux urgences d’un hôpital.   

Lors de son dernier examen annuel en 2019, la vision de cette patiente était excellente mais le diagnostic avait montré une membrane néovasculaire choroïdienne importante causée par une dégénérescence maculaire humide.J’ai contacté notre ophtalmologiste local et pris des dispositions pour qu’elle soit examinée en vue d’un traitement.Je lui ai expliqué sa situation compliquée et lui ai parlé de sa santé fragile, et il m’a assurée qu’il ferait de son mieux pour éviter tout temps d’attente dans son cabinet. 

Je ne peux m’empêcher de repenser à la réponse que nous avons reçue du gouvernement durant la COVID, à savoir que les optométristes n’étaient pas des professionnels de santé de première ligne indispensables.Je ne crois pas que cette dame extrêmement vulnérable aurait pu avoir accès aux soins d’une autre manière.Son neveu nous a clairement fait savoir que les autres alternatives n’étaient pas une option pour eux.Cette patiente a été vue immédiatement dans notre bureau à son arrivée et sa visite chez l’ophtalmologiste sera gérée efficacement car ils ont déjà un diagnostic et connaissent son état de santé général.   

Des cas comme celui-ci se produisent chaque semaine dans notre cabinet.Cette patiente, ainsi que toutes les autres comme elle, méritent les meilleurs soins possibles.Cela suppose de recevoir un diagnostic et un traitement efficaces.Et cela suppose aussi de regarder la situation dans son ensemble et de participer à l’amélioration de la qualité de vie de nos personnes âgées.   

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S’il n’y a pas de changement, les Ontariens devront accepter cette situation comme définitive.

Nous constatons une diminution considérable du nombre de patients que nous voyons à cause de la COVID. Nous passons plus de temps à nettoyer le cabinet qu’à voir les patients en raison de la distanciation sociale.

En principe, nous pourrions nous maintenir à flot si le nombre de patients est élevé, même si la rémunération n’est pas très importante. Cependant, lorsque la rémunération n’est pas élevée et que le nombre de patients diminue de manière significative, il faut choisir avec soin les patients que l’on voit. Nous essayons de voir tous ceux que nous pouvons et de voir les patients en fonction de leurs besoins, mais nous devons désormais limiter le nombre de patients couverts par l’OHIP.

Cela fait maintenant des années qu’il nous est difficile de subventionner les patients assurés par l’OHIP et la COVID-19 nous a rendu la tâche encore plus difficile. Il sera difficile de voir plus de patients à l’avenir et il nous sera difficile de nous en sortir si l’OHIP n’augmente pas le financement afin que nous ne perdions pas d’argent sur ces patients lorsque nous les verrons.

Je fais ce métier depuis 25 ans et je veux que les patients reçoivent les meilleurs soins possibles. C’est impossible avec le système actuel et je ne pense pas que la situation s’améliorera de sitôt. Nous ne pouvons pas continuer à subventionner les examens de notre poche et risquer de perdre notre cabinet. Si nous ne pouvons pas travailler, en quoi cela va aider les Ontariens?

S’il n’y a pas de changement, les Ontariens devront accepter cette situation comme définitive.

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Comment un cabinet qui n’est pas viable peut-il aider à sauver les soins oculaires?

À l’heure actuelle, la plus grande difficulté que nous rencontrons est de donner aux patients des rendez-vous pour qu’ils reçoivent des soins oculaires. Compte tenu du peu de temps dont nous disposons et de la demande importante, nous essayons de trouver des façons d’offrir des soins aux patients, surtout à ceux qui ont des problèmes aigus ou urgents.  

Lorsque les patients nous appellent, nous avons de la difficulté à leur trouver une place en raison de nos rendez-vous limités. Avant la COVID-19, je devais déjà subventionner les soins couverts par l’Assurance-santé de l’Ontario. Maintenant, nos frais généraux ont augmenté, nous réservons plus de temps pour les rendez-vous afin de respecter les directives sanitaires et, par conséquent, nous avons moins de disponibilité pour les rendez-vous, ce qui signifie que je subventionne encore plus les soins couverts par l’Assurance-santé. L’Assurance-santé de l’Ontario, et les examens partiels en particulier, ne suffit tout simplement pas à faire fonctionner le cabinet. Je suis coincée entre mon désir d’aider mes patients et le manque d’espace : si j’obtiens l’espace nécessaire, je ne sais pas du tout comment je pourrais en assumer le coût. Nous sommes extrêmement sous-financés par la rémunération reçue de l’Assurance-santé de l’Ontario. J’ai des factures à payer, du personnel à employer et d’importants frais généraux; il devient donc extrêmement difficile d’offrir des soins aux patients couverts par l’Assurance-santé.  

Il est encore plus difficile de leur fournir des soins d’urgence. Après avoir vu un patient qui a besoin de soins d’urgence, nous devons avoir accès aux services d’ophtalmologie, ce qui est extrêmement difficile, surtout dans le nord de l’Ontario où ils doivent aussi voir moins de patients et reconfigurer leurs cabinets. Nous essayons de limiter le nombre de patients que nous voyons tout en assurant la viabilité de nos cabinets, ce qui fait en sorte que les patients sont triés, puis envoyés à l’hôpital. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’offrir des soins oculaires d’urgence en ce moment.  

Mes patients me tiennent à cœur, je veux prendre soin de leurs yeux, mais je dois aussi m’assurer que mon entreprise survivra. Si mon cabinet n’est pas viable, des gens perdront leur emploi. Comment cela peut-il aider à sauver les soins oculaires?  

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Cette situation dure depuis tellement longtemps qu’elle risque de nous précipiter vers la faillite.

À elles seules, les répercussions de la COVID-19 seront dévastatrices pour mon cabinet. Étant une optométriste plus âgée qui voit surtout des patients couverts par l’Assurance-santé de l’Ontario, les nouvelles restrictions en milieu de travail font en sorte que j’arrive à peine à payer ma part des frais généraux. Je ne peux pas continuer sans augmenter considérablement mes heures de travail, ce que je ne suis pas en mesure de faire. C’est un vrai désastre.  

C’était déjà catastrophique compte tenu de la façon dont la rémunération de l’Assurance-santé fonctionne. Durant mes 35 ans de pratique, j’ai participé à toutes les négociations avec le gouvernement et j’ai milité activement pour la réforme. J’ai participé à des réunions, écrit des lettres et fait tout ce qui était en mon pouvoir, uniquement pour revenir à la case départ. Tout ce travail et absolument rien n’a changé.  

Les optométristes n’ont jamais été adéquatement rémunérés pour leur travail. J’en viens à me demander pourquoi je fais cela; il est impossible de gagner le moindre revenu. Pour ma part, je n’aurai pas d’autre choix que de prendre ma retraite. En 35 ans, j’ai toujours fait passer mes patients en premier. Je prends soin de mes patients et de leur santé, mais il est trop tard pour être bons joueurs. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser constamment marcher sur les pieds tout en continuant de faire ce qui est le mieux pour les patients, même si c’est ce que nous souhaitons. Cette situation dure depuis tellement longtemps qu’elle risque de nous précipiter vers la faillite.  

Cela n’aidera pas à sauver les soins oculaires en Ontario.  

Je suis au point de non-retour. Le stress lié à la réduction de la quantité de patients, aux frais généraux élevés et au caractère inadéquat de la réforme pour les optométristes est tel que je n’ai plus de plaisir à faire mon travail. Il est devenu difficile pour moi de trouver de bonnes raisons de continuer à travailler. Ce n’est tout simplement pas possible.  

Quand le gouvernement nous entendra-t-il?  

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C’est maintenant qu’il faut sauver les soins oculaires en Ontario. 

L’accès aux soins oculaires est en péril en Ontario. La situation mondiale actuelle engendre tellement d’incertitude. Depuis ma réouverture, j’ai dû réduire mes activités à 40 % de ma capacité. De jour en jour, je me rends compte que les choses changent et que nous ne pourrons tout simplement pas voir le même nombre de patients qu’avant.  

Comment suis-je censé payer mon personnel et mon loyer, alors que nous devons débourser pour sauver les soins oculaires? Je fais partie des rares optométristes ontariens qui ont dit qu’ils ne verraient plus les patients couverts par l’Assurance-santé de l’Ontario. Personnellement, je ne peux plus me le permettre. Je pouvais à peine me le permettre avant la COVID-19. Maintenant, ce n’est tout simplement plus possible de le faire tout en essayant de gérer mon entreprise.  

Beaucoup de gens ne comprennent pas dans quelle situation financière le gouvernement nous a mis. Ce qui est encore plus troublant, c’est depuis combien de temps cela traîne sans que le gouvernement ne fasse quoi que ce soit. J’ai obtenu mon diplôme en 1992. Cela fait 30 ans que j’attends que le gouvernement apporte de véritables changements.  

J’en ai assez, c’est trop.  

Si nous n’apportons pas des changements immédiats, les patients commenceront malheureusement à sentir des effets sur l’accès aux soins oculaires en Ontario. Les patients n’auront nulle part où aller et certains devront se rendre à l’urgence à un moment où nous ne pouvons pas nous le permettre.  

Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à voir des patients en vertu des directives actuelles de l’Assurance-santé et s’attendre à gagner de l’argent. C’est maintenant qu’il faut sauver les soins oculaires en Ontario. Nous ne pouvons plus attendre.  

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Il faut intervenir dès maintenant pour sauver les soins oculaires en Ontario.

Dans notre cabinet, nous nous occupons principalement de pédiatrie et de réadaptation visuelle, ce qui signifie que nous voyons beaucoup de patients qui ont des besoins particuliers et sont immuno-vulnérables.

Nous nous attendons à ce qu’il n’y ait plus rien de pareil après la réouverture. Avec notre population de patients immuno-vulnérables, il n’y a aucune place pour l’erreur. Nous devons nous assurer d’avoir tout le matériel nécessaire et de mettre en place les systèmes et les protocoles appropriés pour protéger nos patients et notre personnel. Le plan de retour au travail actuel se traduira par une réduction radicale du nombre de patients et une augmentation des dépenses pour nous assurer d’être bien équipés.

Nous nous inquiétons également de la crainte croissante dans la collectivité. À cause des listes d’attente plus longues et des délais prolongés pour voir les patients, nous risquons de rater des symptômes d’une importance capitale. La dernière chose que nous voulons, c’est que les gens attendent à la dernière minute pour voir un médecin et qu’il soit trop tard. Nous avons besoin d’intervenir précocement, car lorsque nous ne voyons pas les patients à temps, nous mettons en danger leur vision et leur vie.

Cela va profondément transformer la nature de notre pratique et de ceux qui sont admissibles à nos services. De la façon dont les honoraires de l’Assurance-santé de l’Ontario sont conçus, il est impossible de continuer à fonctionner. Compte tenu de la diminution du nombre de patients que nous sommes en mesure de voir en pédiatrie et de la rémunération incroyablement faible, nous subirons une perte importante pour chaque patient couvert par l’Assurance-santé. Cela pourrait nous obliger à accorder la priorité à nos patients payants privés, simplement pour rester ouverts.

Tous nos patients nous tiennent profondément à cœur. Ce n’est pas ce que nous voulons faire, mais c’est ce à quoi nous devrons en venir faute d’action et de changements immédiats.

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« Les optométristes sont les travailleurs de première ligne du système de soins de la vue, et leurs services sont au cœur du dépistage préventif pour la santé visuelle en Ontario. Comme les statistiques montrent qu'un Ontarien sur trois connaîtra une baisse de la vue avant d'atteindre l'âge de 65 ans, le gouvernement doit collaborer avec les optométristes pour trouver une solution durable. Le plan de modernisation comprend le soutien et l'élargissement adéquats de la couverture publique des examens de la vue de routine, une étape cruciale pour la détection précoce des complications oculaires qui peut éviter une perte de vision irréversible. »
Doug Earle
président et chef de la direction, Vaincre la cécité Canada
« Étant donné le vieillissement de la population et l'augmentation du nombre de maladies chroniques qui menacent la vue, le besoin d'optométristes continuera de croître. Toutefois, l'attention portée récemment sur la piètre situation économique des soins oculaires financés par le secteur public pourrait menacer l'avenir de la profession et l'accès aux soins. »
Dr Stan Woo
président et chef de la direction, Vaincre la cécité Canada